L'Industrie

Avant la révolution de 1789 on tissait à Rozies une étoffe de laine assez grossière appelée casée. Il n'existait pas d'établissement industriel mais le travail était exécuté sur métier, à domicile par certains paysans, surtout l'hiver.

Depuis 1701, il existait à Maubeuge, une manufacture d'armes dirigée par Robert Daretz, cette manufacture avait des ateliers à Ferrière-La-Grande  et son directeur possédait le bois situé entre Rousies et Ferrière et que l'on nomme à tort le Bois d'Arrêt alors qu'il faudrait écrire le Bois Daretz.

 

En 1776, le Duc d'Orléans vendit au directeur de la Manufacture d'Armes les terrains qu'il possédait à Rousies ainsi que le moulin et le tordoir situés en bordure de la Solre. Ces bâtiments furent transformés en usines, le marteau-pilon ou « maka » était actionné par l'eau de la Solre. On y forgeait  des clous pour la construction de vaisseaux, pour la bâtisse, pour la maréchalerie, pour la menuiserie.


On y fabriqua aussi des baïonnettes mais les ateliers seront fermés en 1815.

De nombreux Roséens travaillaient à la Manufacture d'Armes de Maubeuge aussi la fermeture définitive de celle-ci en 1836 provoqua-t-elle le départ de nombreux armuriers et Rousies qui comptait 439 habitants en 1835 n'en possédait plus que 391 en 1851.

Après la suppression de cette manufacture, les usines sont vendues, l'une à Monsieur Dumont, l'industriel ferrièrois, l'autre à la quincaillerie de Maubeuge « Dandoy, Maillard, Lebeau, Lucq et cie » qui fabrique des baguettes à fusils, des broches pour les filatures, des clés anglaises, des essieux ......

 

En 1868, cette usine devient la Fabrique Vautier et cie qui sera complètement détruite lors des bombardements du 6 Septembre 1914. Les meules installées au carrefour de la voie rapide et de la rue d'Assevent proviennent de ces établissements industriels mais il est bien difficile de déterminer leur âge.

 

Vers 1850, il y avait une scierie de marbre au Faubourg Ste Aldegonde, une fabrique de tuiles rue du Grand Fort et une tannerie.

Dans les prairies environnant le Centre Aéré « Les Sablons » on a extrait au XIX° siècle du minerai de fer pour alimenter les hauts-fourneaux de Ferrière-La-Grande mais la teneur de fer étant trop faible, l'extraction fut abandonnée. On a aussi exploité des sablonnières dans ce secteur.

 

En 1888, une société anglaise (Société Pickington) installa dans les prairies bordant la Sambre, face à Assevent, une glacerie qui occupait  500 ouvriers environ ce qui provoqua une sérieuse augmentation de la population roséenne. Cet établissement, racheté par Saint-Gobain ferma brutalement ses portes en 1935.

Cette société avait fait construire de nombreux « corons » pour ses ouvriers : Quartiers des Bons Pères et de l'Ensemble Henri Barbusse. Ces habitations furent achetées, après la disparition de l'usine, par des particuliers.

 

Vers 1864, une briqueterie mécanique s'installe pour produire des briques réfractaires, des tuyaux de grès, des carreaux de faïence.1 Un essai de fabrication de vaisselle n'aura pas de suites. Actuellement cette usine est devenue le dépôt d'une société du Cateau.

 

En 1886, les frères Gottignies créent, dans les prairies bordant la Solre un atelier de chaudronnerie et de charpente qui deviendra « Les Appareils de Levage », puis « Applevage » et enfin « Fives-Cail-Babcock ».

Les ateliers de galvanisation du Phénix furent construits vers 1912, les Boulonneries Carnières et Défossez, l'Air Liquide s'installeront à Rousies vers 1925.

Donc, depuis plus de deux siècles notre village a une vocation industrielle.

 

1 Dans le collatéral sud de l'Eglise de Rousies sont installés deux panneaux constitués de carreaux de faïences et représentant des scènes de la vie de Saint-Antoine, patron des faïenciers. Ils datent du début du XX° Siècle et ont été fabriqués à la Faïencerie de Rousies.