L'Église

Elle s'est certainement toujours élevée à son emplacement actuel, au centre du vieux village, comme nous le montre l'aquarelle du peintre de Montigny, datant de 1597.1

Elle dominait l'ancienne place publique, l'actuelle Place Foch. Le presbytère se trouvait tout à côté et on en distingue encore les murs primitifs dans les locaux de l'école Maternelle Langevin Wallon.

 

La Cure de Rousies relevait du chapitre Sainte-Aldegonde de Maubeuge qui en avait la collation, c'est-à-dire le droit de nommer le curé. Les chanoinesses de Maubeuge percevaient donc la plus grosse partie des revenus de cette cure : grosse et petite dîme et elles reversaient une petite partie : la portion congrue, au curé du village.

Toutefois le soulagement des indigents et l'entretien de l'Eglise étaient à la charge des chanoinesses.

L'Eglise était dédiée à Saint-Waast, patron de Rousies et elle reçut le 5 Février 1736 une relique de ce saint offerte par le chapitre d'Arras. Elle fut dérobée voici quelques années.

 L'idée de construire une église plus grande date d'avant 1856 puisque le 12/08 de cette année, Marie Barbe Laloux laisse par testament 7000 francs pour sa construction. Elle décède en 1864.

La nouvelle église projetée sera construite sur l'ancienne, et sur le cimetière qui l'entoure. Il faut donc un nouveau cimetière : Extrait du registre aux délibérations du conseil municipal, "l'an mil huit cent soixante quatre, le treize novembre, le conseil municipal de Rousies s'est réuni au lieu ordinaire sur la convocation et sous la présidence de Mr HUVENOIT Philibert, maire de la dite commune. Mr le Maire expose au conseil que la commune étant dans l'intention de faire construire une église plus grande que celle qui existe, par cette raison le cimetière actuel est devenu insuffisant et qu'il conviendrait d'en ériger un autre ; que la commune possède un terrain situé en dehors et à l'est des habitations, lequel convient pour faire un cimetière, qu'il serait très urgent que ce nouveau cimetière puisse recevoir les inhumations le plus tôt possible, afin d'éviter dans les fouilles qui devront être faites pour la nouvelle église de bouleverser des inhumations trop récentes."

Le cimetière sera terminé en 1867, permettant la même année la construction de l'église. Le montant des travaux pour l'église est de 35 000 francs. Une souscription recueille 15 000 francs, le conseil général et l'Etat accord 6500 francs de subvention. Le reste sera payé par un emprunt.

Les pierres du soubassement de l'église proviennent de l'ancienne. La réception des travaux a lieu le 1er juillet 1869, le carrelage est terminé en octobre, le perron en décembre.

L'Eglise possédait des boiseries sculptées provenant de l'Abbaye de Liessies mais un curé peu scrupuleux en a fait cadeau à des paroissiens aussi peu scrupuleux.

Vers 1963, un autre curé de Rousies, iconoclaste en soutane, sous prétexte de modernisation, a saccagé l'église, détruisant le Chemin de Croix, la Chaire de Vérité, mutilant les boiseries.

Rousies et Cerfontaine ont formé une seule paroisse jusqu'en 1898 au moins, bien que depuis 1886, c'est le vicaire de Ferrière la Grande qui desservait Cerfontaine, le curé de Rousies, l'abbé DELCAMBRE, étant trop âgé.

 

Dans le pavement de l'entrée de l'Eglise se trouve une croix de pierre, provenant de l'ancienne église, portant l'inscription suivante :

« Icy repose le corps de Maître Martin, Joseph RICHE,
bachelier en la Ste Théologie,
Curé de Rousies et Cerfontaine,
décédé le 18 Septembre 1750, âgé de 68 ans.
L'heure est venue pour moi,
elle viendra pour vous ».

 

Le « Nouveau Cimetière » de la rue de Maubeuge a été inauguré officiellement le 11 Octobre 1936.

 


1 Adrien de Montigny, peintre valenciennois, pour le service du Prince de CROŸ, Grand Bailli du Comte de Hainaut.