L'Agriculture

Le sol du village composé d'argiles imperméables, de silex, de schistes (agaises), de pierre bleue n'est pas très fertile. C'est déjà l'Ardenne qui commence. Il n'est propice qu'à la forêt et aux maigres pâturages, les terres cultivables sont rares, peu étendues et dispersées.

 

Au XVII° siècle et sans doute avant, les paysans cultivaient les pommes de terre, les topinambours, les pois, les fèves, les haricots, les choux, les raves, les navets, les épinards ...... Ils cultivaient également les raisins, les pêches, les abricots, les prunes, et les poires mais, comme aujourd'hui, ces derniers fruits parvenaient rarement à leur parfaite maturité. Les cultures céréalières à Rousies étaient peu importantes.

Le lait, le beurre, le fromage de présure simple ou mêlé avec le poivre, les légumes étaient la nourriture de l'artisan et des pauvres ; les plus aisés d'entre eux se nourrissaient de porc salé, dont on faisait dans la région, grand usage.

 

Il y avait à Rousies au XVIII° siècle, plusieurs fermes dont les bâtiments existent toujours mais qui, modifiés, sont devenus aujourd'hui des locaux d'habitations.

  1. La ferme du Corbeau, rue du Caillou.
  2. La ferme Huvenoit dont les locaux furent utilisés par les Faïenceries de Rousies.
  3. La ferme Raux, Place de l'Abreuvoir.
  4. La ferme Leclercq, également Place de l'Abreuvoir. Cet abreuvoir se trouvait à l'emplacement de la cabine EDF.
  5. La ferme Poulet, rue de la République, derrière l'Eglise, Cour Maurage actuelle.
  6. La ferme Jaumain, c'est la cour Paraye, rue de Maubeuge, après le passage à niveau.
  7. La Cense d'en Haut (Cinse d'in Haut) rue de Maubeuge, peut être la plus ancienne, elle figure déjà sur un plan de 1764.
  8. La Cense de la Genette, route de Ferrière, très ancienne également, puisque c'est là que les notables Maubeugeois, Mayeur et Echevins s'offraient  chaque année un plantureux repas après avoir rendu leur humiliant hommage à Monseigneur l'Abbé d'Hautmont, comme le raconte Jacques PREVOT dans son livre « Le Grand Hautmont ».
  9. La ferme Thomas, rue de la grimpette près de la Chapelle.
  10. La ferme Julien plus récente, rue Jules Huart qui comprenait des locaux d'habitation et des étables, le bâtiment à usage commercial (Radar, N°1) a été construit à l'emplacement de la Grange du Corbeau.
  11. Les bâtiments occupés actuellement par le Centre Aéré « Les Sablons » étaient également des locaux agricoles.

 

Avant l'apparition des Chemins de fer, les fermiers Thomas, Raux, Leclercq exerçaient le métier de roulier et transportaient des marchandises dans toute la France, ils allaient ainsi, d'auberge en auberge, pendant plusieurs mois, c'étaient les « routiers » du XIX° siècle. Les femmes et les enfants s'occupaient des vaches, moutons, et chevaux pendant leur absence.

La Vaqueresse était la grande prairie située entre la Solre et la Sambre. Après la récolte du foin et du regain, les propriétaires y parquaient leurs vaches mais autorisaient ceux qui ne possédaient pas de prairies à y parquer également leurs bêtes, moyennant une redevance, c'était le droit de « vaine pâture ».

Dans les années sèches, on établissait un barrage au pont de la Solre, celui de la Vaqueresse, et l'eau se répandait dans l'immense prairie ce qui permettait la récolte d'un abondant regain.

 

Après la construction de la ligne de chemin de fer Creil-Erquelinnes vers 1865 on n'inonda plus la Vaqueresse mais d'après E.Willamme, la « Vaine pâture » subsista jusqu'en 1890, les redevances servant à entretenir le long de la voie ferrée, des barrières, derrière lesquelles les vaches roséennes regardaient passer les trains.

 

C'est aussi dans les prairies de la Vaqueresse que les jeunes gens de Rousies dressaient les « feux de la Saint Jean » au mois de Juin.