Rattachement à la France

Rousies appartenait avant Jésus-Christ aux Nerviens, peuple gaulois, il fut ensuite occupé comme toute la France et la Belgique par les Romains, au V° siècle il fit partie du royaume de Clovis, roi des Francs.

 

Après la mort de Charlemagne, le traité de Verdun en 843 le plaça sous le pouvoir de Lothaire, petit-fils de Charlemagne puis, Charles le Chauve mais cette domination n’était que théorique car le roi cédait, par le biais des investitures, son pouvoir à des seigneurs, c’est pourquoi les véritables maîtres de Rousies furent les Comtes de Hainaut, les Seigneurs d’Avesnes, les Seigneurs de Beaumont et surtout les chanoinesses de Maubeuge.

 

En 1476, Rousies fait partie des Etats de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, puis en 1550 le village appartient à l’Empereur Charles-Quint puis au roi d’Espagne Philippe II qui était le maître des Pays-bas (Pays-bas actuels, Belgique, Nord de la France). Le seigneur est le comte de Beaumont. En 1608, Charles de CROŸ, comte de Beaumont, fait établir le cartulaire de Rousies, nous donnant ainsi une description du village.

 

Notre village comme tous ceux du Hainaut, eut beaucoup à souffrir des guerres continuelles opposant les rois d'Espagne et de France pour la possession de cette région et les habitants furent tour à tour exploités, volés et ruinés par les soldats espagnols ou français. Vers 1620 Rousies est dévasté par les mercenaires de Mansfeld, homme de guerre, qui mettait ses troupes au service du plus offrant.

 

Le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659. La France obtient, en Hainaut, les places fortes d’Avesnes, Landrecies, Mariembourg, Philippeville et Le Quesnoy.

La Paix d’Aix-la-Chapelle met fin, le 2 mai 1668, à la guerre  de Dévolution.

La frontalière est loin d’être linéaire : Maubeuge et Bavay demeurent espagnols alors que, notamment, Ath, Charleroi et Binche deviennent français

Le traité de Nimègue fut signé le 10 août 1678. La France renonce alors à ses places les plus avancées que sont Charleroi et Ath, mais se constitue une barrière frontalière qui passe par Charlemont, Philippeville, Mariembourg, Maubeuge, Bavay, Valenciennes, Condé et Tournai.

La France réclame le comté de Beaumont (dont dépend Rousies), mais le secrétaire oublie de noter cet accord de cession et, malgré tous les efforts français, cette erreur ne sera jamais corrigée.

Maubeuge devient française. Mais cela ne règle pas le sort des enclaves dont fait partie Rousies.

Le traité de Ryswick du 20 au 30 octobre 1697 met fin à la guerre dite de la Ligue d'Augsbourg. Les conférences des limites s'ouvrent à Lille en 1698. Rousies devient française le 3 Décembre 1699.

Ce n'est que le 29 janvier 1704 que Rousies est réunie à la prévôté de Maubeuge, suivant une déclaration du Roi Louis XIV, enregistrée au parlement de Tournay le 7 février (1).

Rousies sera dépendante de la juridiction d’Eclaibes, prévôté de Maubeuge. Le seigneur est Philippe d’Orléans, comte d’Avesnes.

Les habitants souffrirent moins des guerres mais les impôts exigés par Louis XIV furent plus lourds, par exemple les Roséens durent payer l'impôt sur la « petite bière » alors qu'ils ne le payaient pas sous l'occupation espagnole.

Parfois aussi, les Espagnols, qui ne se trouvaient qu'à quelques kilomètres, en Belgique, et les Hollandais, réclamaient des « contributions » sous peine de représailles et les paysans payaient malgré l'interdiction de l'Intendant français de Maubeuge.

Les malheureux Roséens payaient donc deux fois : à leurs anciens maîtres et à leurs nouveaux.

 

D'ailleurs les habitants de Rousies, comme tous ceux du Hainaut, étaient profondément attachés à l'Espagne et ils n'aimaient point la France dont les troupes ne leur avaient apporté pendant de longues années, que ruine et misère et ils opposèrent pendant un demi-siècle après l'annexion une résistance passive à leurs nouveaux maîtres.

 

 

 

(1) LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE : A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Comme par le traité conclu, arrêté et signé en notre nom et en celui de feu notre très cher et très aimé Frère le Roi Catholique, par nos commissaires et les siens en la ville de Lille le 3 Décembre 1699, en exécution du traité de Ryswic, Nous avons cédé & transporté à toujours à notre dit Frère, six villages qui étaient dépendans de la Prévôté de Maubeuge ; savoir : Thirimont, Bersillies-l’Abbaye, le Val sous-Beaumont, Montignies-Saint-Christophe, Hantes et Neuville sur Sambre, et que notre dit Frère nous a par le même traité cédé & transporté trois autres villages qui dépendaient de la Prévôté de Beaumont ; savoir : Beaufort, Fiers-le-Grand et Roussies, & que les trois villages à Nous cédés, ne pouvant plus ressortir à la dite Prévôté de Beaumont, qui en est demeurée sous la domination d'Espagne, il est nécessaire de les réunir sous une juridiction qui soit de notre Domination, nous avons considéré qu'il n'y en avait point pour cet effet de plus convenable à l'ordre de la justice & à l'avantage & soulagement des Habitants desdits trois villages que la Prévôté de Maubeuge, vu que lesdits trois villages y sont contigus & enclavés, & sont même depuis longtemps partie du gouvernement & du domaine de Maubeuge. SAVOIR FAISONS, que pour ces causes & autres bonnes considérations à ce Nous mouvant, de l'avis de notre conseil, & de notre certaine science, pleine puissance & autorité royale, Nous avons dit, déclaré a ordonné, disons, déclarons & ordonnons, voulons & Nous plait, que lesdits villages de Beaufort, Fiers-le-Grand et Roussies à Nous cédés par ledit traité du 3 décembre 1699, soient & demeurent à l'avenir réunis & incorporés, comme par ces présentes signées de notre main, Nous les réunissons & incorporons à la dite prévôté : voulons en conséquence que le Prévôt de ladite ville, son lieutenant & autres Officiers dudit siège, y exercent leur juridiction ordinaire, tout ainsi & en la même forme & aux mêmes charges d'appel qu'ils l'exercent dans le reste de l'étendue de la même prévôté. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos aimés et féaux conseillers les Gens tenants notre Cour de parlement de Tournay, que ces présentes nos lettres de déclaration ils aient à faire lire, publier & enregistrer, & le contenu en icelles faire garder & observer selon leur forme & teneur : CAR TEL EST NOTRE PLAISIR. En témoin de quoi nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. DONNÉE à Versailles le vingt-neuvième jour de janvier, l'an de grâce mil sept cent quatre, & de notre régne le soixante-unième. Signé LOUIS"

Donné à Versailles le 29e jour du mois de janvier, en l'an de grâce 1704, de notre règne, le 61e.

signé : Louis. »