Rattachement à la France

Rousies appartenait avant Jésus-Christ aux Nerviens, peuple gaulois, il fut ensuite occupé comme toute la France et la Belgique par les Romains,  au V° siècle il fit partie du royaume de Clovis, roi des Francs.

 

Après la mort de Charlemagne, le traité de Verdun en 843 le plaça sous le pouvoir de Lothaire, petit-fils de Charlemagne puis, Charles le Chauve  mais cette domination n'était que théorique car le roi cédait, par le biais des investitures, son pouvoir à des seigneurs, c'est pourquoi les véritables maîtres de Rousies furent les Comtes de Hainaut, les Seigneurs d'Avesnes, les Seigneurs de Beaumont et surtout les chanoinesses de Maubeuge.

 

En 1476, Rousies fait partie des Etats de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. En 1550 le village appartient à l'Empereur Charles-Quint puis au roi d'Espagne Philippe II qui était le maître des Pays-bas (Pays-bas actuels, Belgique, Nord de la France).

Notre village comme tous ceux du Hainaut, eut beaucoup à souffrir des guerres continuelles opposant les rois d'Espagne et de France pour la possession de cette région et les habitants furent tour à tour exploités, volés et ruinés par les soldats espagnols ou français. Vers 1620 Rousies est dévasté par les mercenaires de Mansfeld, homme de guerre, qui mettait ses troupes au service du plus offrant.

 

En 1678, le traité de Nimègue donne Maubeuge à la France mais Rousies, Ferrière-La-Grande et Beaufort restent Espagnols et ce n'est qu'après le traité de Ryswick1, en 1669, qu'ils seront échangés contre d'autres villages belges et que Rousies deviendra officiellement français.

Les habitants souffrirent moins des guerres mais les impôts exigés par Louis XIV furent plus lourds, par exemple les Roséens durent payer l'impôt sur la « petite bière » alors qu'ils ne le payaient pas sous l'occupation espagnole.

Parfois aussi, les Espagnols, qui ne se trouvaient qu'à quelques kilomètres, en Belgique, et les Hollandais, réclamaient des « contributions » sous peine de représailles et les paysans payaient malgré l'interdiction de l'Intendant français de Maubeuge.

 

Les malheureux Roséens payaient donc deux fois : à leurs anciens maîtres et à leurs nouveaux.

D'ailleurs les habitants de Rousies, comme tous ceux du Hainaut, étaient profondément attachés à l'Espagne et ils n'aimaient point la France dont les troupes ne leur avaient apporté pendant de longues années, que ruine et misère et ils opposèrent pendant un demi-siècle après l'annexion une résistance passive à leurs nouveaux maîtres.

 

1 Le traité de Ryswick fut signé en 1697 mais le sort des « enclaves » fut l'objet de longues discussions entre la France et l'Espagne.